Sur le terrain avec Farinart – Des racines familiales et entrepreneuriales au service de la santé des sols
Dans le paysage agroalimentaire québécois, certaines entreprises jouent un rôle discret mais innovant dans nos chaînes d’approvisionnement. Farinart en fait partie.
Entreprise familiale spécialisée dans la transformation de grains, Farinart est aujourd’hui portée par une nouvelle génération. Élisabeth et Benjamin Brasseur reprennent le flambeau en y intégrant une vision stratégique de la durabilité: produire des mélanges de grains et des farines spécialisées de qualité en se préoccupant de la manière dont les grains sont cultivés en amont.
Car derrière chaque kilo de grains transformés, il y a des sols, des rotations, des décisions agronomiques et des risques climatiques qui influencent directement l’approvisionnement.
Au-delà des engagements ESG
Comme plusieurs entreprises agroalimentaires, Farinart structure sa démarche ESG (environnement, social,gouvernance) notamment par la comptabilisation de ses émissions de gaz à effet de serre. Mais pour le volet environnemental, plutôt que de limiter l’exercice à un inventaire GES, l’entreprise a choisi d’agir plus spécifiquement en amont de sa chaîne d’approvisionnement.
Avec Terre à table, Farinart développe actuellement le programme Grains vivants, une initiative d’agroécologie conçue pour soutenir directement les producteurs de grains dans l’intégration de pratiques régénératrices, en collaboration avec le consortium Terralis et le Groupe ProConseil.
Une première cohorte d’apprentissage par les pairs d’une vingtaine de producteurs de la Montérégie et du Centre-du-Québec est accompagnée par des agronomes et l’équipe de Terre à table. L’objectif est d’implanter des pratiques favorisant le maintien de racines vivantes dans les sols le plus longtemps possible au cours de l’année, notamment par l’optimisation des cultures de couverture et des rotations.

Un projet porté par des racines familiales agricoles
Derrière Grains vivants, il y a surtout de fortes valeurs familiales. Élisabeth apporte une vision orientée vers l’innovation en réponse aux nouvelles attentes du marché, tandis que Benjamin incarne l’ancrage agricole, appuyé par sa formation en agroéconomie. La famille possède d’ailleurs toujours une terre exploitée par les grands-parents à Nominingue dans les Hautes-Laurentides.
Ce lien direct avec la terre donne une couleur particulière au projet. La santé des sols n’est pas un concept abstrait : elle fait partie de l’histoire familiale.
En misant sur la vitalité des sols comme fondement de la qualité des grains, Farinart inscrit sa croissance dans une perspective à long terme. Le programme Grains vivants reflète cette approche structurée, collaborative et mesurable, qui prend racine dans les champs avant de se traduire en ingrédients pour la boulangerie.
Mesurer ce qui compte
Les pratiques implantées seront suivies et documentées, tandis que les coûts des pratiques et leurs bénéfices environnementaux — amélioration de la santé des sols, réduction potentielle d’émissions, meilleure gestion des nutriments — seront comptabilisés afin de mieux comprendre les liens entre les efforts déployés et les retombées agronomiques et économiques.
L’objectif est d’obtenir un portrait réaliste du rapport coût-effort-bénéfices pour les entreprises agricoles, afin que la transition repose aussi sur des données concrètes et comparables.
Une première cohorte qui vise plus haut
La cohorte 2026–2027 constitue une première étape. L’intention est d’élargir progressivement le modèle à d’autres producteurs et à d’autres régions, en structurant un réseau d’agronomes partenaires et en mobilisant des financements publics et privés pour soutenir la démarche.
Pour Farinart, il s’agit de sécuriser un approvisionnement de qualité dans un contexte où les pressions climatiques et économiques rendent les chaînes de valeur plus vulnérables. Pour les producteurs, il s’agit d’être accompagnés dans des pratiques qui renforcent la résilience de leurs sols tout en maintenant leur viabilité économique.






